La grippe aviaire en République démocratique du Congo menace les moyens d’existence des populations

2 juin 2017 - En mai 2017, une épizootie de grippe aviaire a été déclarée dans la province de l’Ituri en République démocratique du Congo (RDC) avec la présence de la souche H5N8 très pathogène pour les oiseaux. Infectant les oiseaux sauvages ou domestiques, certaines souches du virus influenza aviaire telles que les souches H5N1 et H7N9 sont transmissibles et hautement pathogènes pour l’homme.

À l'heure actuelle, aucun cas humain suspecté ou confirmé n'a été signalé en RDC. La souche H5N8 semble être plus mortelle pour les oiseaux que pour l’homme. Cependant, il est nécessaire de faire preuve de vigilance pour contrer les éventuels cas qui pourraient survenir.

L’influenza aviaire hautement pathogène appelée communément « Grippe aviaire » est une maladie contagieuse causée par un virus Influenza de type A qui peut toucher presque toutes les  espèces d’oiseaux sauvages et domestiques. Elle peut entraîner une mortalité très élevée chez les volailles domestiques et atteindre rapidement un très grand nombre d’oiseaux dans une zone donnée.

La grippe aviaire pourrait déclencher une hécatombe de canards avec un impact néfaste sur les régimes alimentaires et l'économie de la région, aggravant ainsi une situation déjà difficile. De plus, les autorités ougandaises ont décidé de fermer leurs frontières après la détection de l’épizootie sur leurs territoires.

Avec la fermeture des frontières et la réduction de l’importation de la volaille, l’insécurité alimentaire est appelée à s’intensifier au cours des mois à venir. Particulièrement, les enfants risquent de ne plus avoir accès aux protéines animales que nous retrouvons dans les produits dérivés tels que les œufs importés de l’Ouganda et du Rwanda.

Comment prévenir la propagation du virus ?

Dès l’apparition de la grippe aviaire en Ituri, une équipe conjointe de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Gouvernement s’est rendue rapidement sur le terrain pour renforcer les capacités des services vétérinaires locaux. Ces agents de terrain ont été formés à la détection de la maladie et à l’abattage de la volaille contaminée.  

Afin de mettre un terme à la propagation de la maladie, il est impératif d’abattre préventivement entre 30 000 à 50 000 volailles dans la zone affectée.  Cet abattage devra se faire  en partenariat la Direction de la Production et la Santé Animale (DPSA) selon la réglementation zoo sanitaire de la RDC.

La grippe aviaire se propage, en général,  lors de la vente des oiseaux infectés ou au contact des aliments, des véhicules, des chaussures ou des vêtements sales avec la fiente infectée. Selon la FAO, les changements de comportement sont très importants, notamment l'amélioration des protocoles d'hygiène, la façon de produire de la volaille et les normes de sécurité lors du transport des animaux sains.

L’une des principales mesures de prévention de la maladie consiste à observer de bonnes pratiques d’hygiène. Toutes les personnes, qui travaillent avec les volailles ou qui sont en charge, ont une responsabilité à assumer à cet égard, particulièrement les personnes travaillant dans le secteur avicole ou vendeurs de volaille.

Afin d’assurer une réponse rapide et le contrôle de la maladie, la FAO préconise les mesures suivantes:

  • Prévoir du matériel de protection et de matériel pour le contrôle des foyers au niveau national et sur le terrain;
  • Développer et partager des procédures standard de contrôle de foyer;
  • Former les agents vétérinaires et docteurs vétérinaires en techniques de l’investigation épidémiologique pour l'application pratique lors de foyers ;
  • Assurer un fond opérationnel pour la mobilité du personnel et la réponse aux foyers et établir en parallèle un protocole de paiement et des responsabilités claires;
  • Assurer l'indemnisation rapide en cas d'abattage sanitaire.