La production agricole, source d’espoir pour les déplacés de Tshikapa

5 septembre 2017 - Depuis le début du conflit dans la région du Kasaï entre les milices du chef coutumier Kamuina Nsapu et les forces de sécurité de l’Etat congolais, on estime à près de 1,4 million le nombre de personnes déplacées internes.

Les familles affectées ont vu leurs greniers et leurs champs brulés détruisant ainsi toutes les récoltes de la saison et rendant l’accès à l’alimentation difficile. Gisèle Tshela, mère de deux enfants, a été forcée de quitter son foyer pour sauver sa vie et celles de ses filles. « J’avais quatre enfants. Seuls deux ont survécu. Quand le conflit a éclaté, la milice nous a chassés du village. »

C’est à cet instant que commence le parcours du combattant de Gisèle. Enceinte de neuf mois, elle ressent de fortes douleurs. « En fuyant, j’ai croisé des gens en chemin. J’ai ressenti des contractions. On m’a aidée à accoucher sur la route. Une jeune fille du camp s’est occupée de ma fille. Moi, je me suis occupée du bébé. On a fait route ensemble jusqu’à arriver à Tshikapa. » 

Après cinq jours de marche dans les brousses du Kasaï, Gisèle atteint la ville de Tshikapa. Elle se rend dans une église où d’autres familles avaient également trouvé refuge.

« Je dormais à même le sol. On partageait le peu de nourriture qu’il y avait. Parfois, on dormait le ventre vide. Je ne pouvais pas rester dans ces conditions.»

Environ 2,8 millions de personnes se trouvent en situation de crise alimentaire dans la région du Kasaï. Grâce à un financement du Fonds Central d’intervention d’Urgence (CERF), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a pu soutenir 5 000 ménages de personnes déplacées internes. Ces ménages ont reçu des semences et des outils aratoires afin de répondre rapidement à leurs besoins. 

Gisèle est l’une des bénéficiaires de ce projet d’appui d’urgence. «Après avoir reçu une formation en technique agricole, j’ai commencé à cultiver des amarantes, des haricots, des aubergines et des tomates», explique-t-elle. « Ces légumes me permettront d’avoir une alimentation variée. Je compte vendre une partie de ma récolte afin d’acheter de la farine de maïs. Avec cette farine, je pourrai faire de la bouillie pour ma fille de trois ans.»

Sur tous les territoires touchés par le conflit, la majorité de la population n’avait plus cultivé la terre depuis neuf mois. Progressivement, les familles d’accueil et les ménages de déplacés arrivent à augmenter la production agricole. « Le travail aux champs me permet de nourrir mes enfants. Malgré toutes les difficultés que j’ai endurées, je me bats tous les jours pour offrir un meilleur avenir à mes filles », a conclu Gisèle.

L’objectif de ce projet est de permettre aux ménages de personnes déplacées internes de produire suffisamment afin de pouvoir se nourrir. Si aucune assistance ne leur est fournie, ces ménages n’auront pas la capacité de produire pour les mois à venir. La FAO appelle ses partenaires techniques et financiers à mobiliser leurs ressources afin de venir en aide à ces populations.