Le fardeau économique de la sous-nutrition en RDC révélé dans une nouvelle étude

 Photo PAM/Jacques David

7 juillet 2017 - L'économie de la RDC perd 1.637 milliards de CDF (environ 1,7 milliard de dollars américains) par an - soit près de 4,5 pour cent du produit intérieur brut (PIB) – des suites de la sous-alimentation des enfants.*

Les coûts sociaux et économiques de la sous-nutrition sont annoncés dans une étude novatrice publiée aujourd'hui à Kinshasa. L'étude sur le Coût de la Faim en Afrique (CDFA) a été menée par le gouvernement de la RDC en collaboration avec le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), la Commission de l'Union africaine (CUA), le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et la Commission économique des Nations Unies pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).

L'étude montre que des pertes sont engendrées chaque année par l'augmentation des coûts de santé, des charges supplémentaires pour le système éducatif et une réduction de la productivité de la main-d'œuvre.

« Je salue cette importante initiative conjointe du PAM, de la CUA, du NEPAD et de la CEPALC qui, sans doute, contribuera significativement aux efforts du Gouvernement pour minimiser les pertes évitables de potentiel humain et économique suite à la malnutrition, a déclaré M. Bruno Tshibala Nzenzhe, Premier Ministre et chef du Gouvernement de la RDC lors de la cérémonie de lancement, à Kinshasa. La malnutrition est une urgence silencieuse, contribuant, à elle seule, pour presque la moitié des mortalités infantiles. Elle constitue un défi majeur que nous devons relever pour le développement de notre pays. »

Selon le rapport, la RDC pourrait économiser jusqu'à 355 milliards de CDF (environ 383 millions de dollars) d'ici 2025 si la prévalence des enfants avec une insuffisance pondérale était réduite de 11 à 5 pour cent et le retard de croissance de 43 à 10 pour cent.

«  Ces résultats nous interpellent tous à agir maintenant pour éviter des pertes futures causées par la faim, a déclaré M. Claude Jibidar, Représentant du PAM en RDC. Je suis convaincu qu’avec la meilleure compréhension que nous avons à présent de l’impact économique et social de la malnutrition sur les enfants, nous et nos partenaires pouvons travailler avec le gouvernement pour amener une réelle différence dans cette situation alarmante. »

L'étude souligne que la sous-nutrition est une menace majeure pour le développement social et économique du pays.

L'Agenda 2063 (« L'Afrique que nous voulons ») vise à éliminer complètement la faim et l'insécurité alimentaire de ses habitants d'ici 2063, a déclaré Mme Kefilwe Moalosi, au nom de la Commission de l'Union Africaine et de l'agence du NEPAD. « L'Afrique a le potentiel de récolter un dividende démographique d'une main-d'œuvre jeune, éduquée et qualifiée, mais ce potentiel ne peut être exploité que si les gains d'investissements anticipés dans la santé et la nutrition de ses populations, en particulier ses femmes et leurs enfants, sont maintenus et entraînent la croissance économique souhaitée. »

L’étude sur le coût de la faim en Afrique a été menée dans 11 pays à ce jour. Dans les pays analysés, les économies subissent une perte annuelle associée à la sous-alimentation infantile estimée entre 1,9 et 16,5 pourcent du PIB. Les résultats d’études CDFA seront prochainement annoncés au Mozambique at au Zimbabwe. Des études semblables sont prévues au Mali et en Mauritanie.

 

*Données valables pour 2014