Le PAM et la FAO lancent un appel émouvant pour soutenir les personnes déplacées en RDC

 Une mère de famille travaillant dans les cultures maraîchères dans le cadre d'un projet de la FAO lancé sur le site de déplacés de Kalunga, près de Kalemie. Photo PAM/Jacques David

28 juin 2017 - Claude Jibidar, Représentant du Programme alimentaire mondial (PAM), et Alexis Bonte, Représentant par intérim de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en RDC étaient les invités de la conférence de presse ONE UN ce mercredi 28 juin 2017 à Kinshasa. Ils sont venus rendre compte d’une mission effectuée la semaine précédente dans le pays en compagnie des directeurs des urgences de leurs organisations respectives. Ils lancent un appel à la mobilisation afin de pouvoir intervenir dans les zones les plus affectées par la crise actuellement en RDC, soit dans la région du Kasaï et la province du Tanganyika. Ils ont rencontré des personnes en détresse. Voici leur témoignage :

Représentant du PAM en RDC [Claude Jibidar] : Cette mission qui est allée au Tanganyika, au Kasaï mais aussi aux Kivu ainsi qu’en Equateur, plus particulièrement dans la province du Nord Oubangui, est une mission qui a été motivée par notre envie et notre besoin qu’une attention particulière soit ramenée sur la situation humanitaire au Congo.

Vous savez que depuis quelques années ou depuis quelques mois en tout cas, la situation d’insécurité alimentaire se détériore un peu partout. Je vous citerai quatre exemples particuliers : le Yémen, le Soudan du Sud, la Somalie et le Nord Nigeria.

Ces quatre contextes attirent toute l’attention de la communauté internationale, l’attention des bailleurs, et je dirais même, l’attention de nos sièges.

Alors, ce que nous avons voulu, c’est que nos collègues directeurs des urgences du PAM et de la FAO  viennent en RDC pour regarder la situation de la RDC. Nous pensons qu’elle est aussi très, très, très sérieuse. C’est une situation qui se détériore de plus en plus. Quelques chiffres : en début d’année dernière, nous avions 1, 6 million de déplacés en RDC. Aujourd’hui, nous en avons 3,7 millions.

La RDC est devenue le pays africain qui compte le plus de personnes déplacées internes. Plus de 500 000 personnes déplacées dans le Tanganyika ; 1,3 million de personnes déplacées dans le Kasaï ; presqu’1 million au Nord-Kivu, au Sud-Kivu.

Et ce sont des déplacements qui, pour certains, durent depuis longtemps. Des déplacements répétés. Nous pensons que la situation en RDC est critique.

Et d’ailleurs, vous le verrez prochainement, une analyse de la situation de sécurité alimentaire qui est faite conjointement par le Gouvernement, le PAM, la FAO et d’autres acteurs, démontre très clairement une détérioration de la situation. Voilà, pourquoi nous avons tenu à faire venir en RDC nos directeurs des urgences.

Alors ce que nous avons fait, c’est aller voir des déplacés, rencontrer des déplacés, discuter avec eux,  discuter avec les autorités provinciales, discuter avec les partenaires de terrain,  pour essayer de voir les meilleurs moyens, les meilleurs types d’assistance à mettre en place pour aider ces gens-là.

Et ici, je vais peut-être m’appesantir particulièrement sur le Kasaï, parce que la situation dans le Kasaï, malheureusement,  me rappelle de trop pénibles souvenirs que j’ai connus en RDC à la fin des années 90. C’est la troisième fois que j’ai un poste en RDC avec M. Bonte. En fin des années 90, nous avions travaillé dans l’est [de la RDC] et nous avions vu des choses terribles. Nous avons revu et nous revoyons ces mêmes choses aujourd’hui, dans le Kasaï.

Les populations sont déplacées, ont quitté leurs villages ; les femmes, les enfants sont traumatisés ; et ce sont des gens qui n’arrivent pas à retourner ou qui disent ne pas pouvoir en ce moment, pour ceux qu’on a rencontrés en tout cas, retourner dans leurs villages.

Alors le problème, il est relativement simple : ces populations ont raté deux saisons agricoles. Si elles ratent encore une saison agricole, on va avoir une situation dramatique avec un besoin d’assistance alimentaire long et extrêmement coûteux, pour lequel nous ne savons même pas si nous aurons des ressources pour le faire.

Alors, ce cri que nous lançons et que nous demandons à nos collègues directeurs des urgences de lancer aussi, c’est pour pouvoir effectivement mettre en place aussi rapidement que possible des interventions pour aider les gens.

Pour ce qui concerne le PAM, nous avons déployé, bien sûr un certain nombre de moyens logistiques pour coordonner aussi la logistique pour les différents acteurs. Nous avons mis à disposition aussi les avions d’UNHAS pour permettre aux acteurs humanitaires de pouvoir accéder aux différents endroits.

Je vais m’arrêter ici et laisser la parole à mon collègue Alexis Bonte de la FAO qui, lui, pourra vous parler un peu plus en détail des actions qui sont déjà mises en place et surtout du besoin de l’attention soutenue qui doit être apportée à la RDC en général, et au Kasaï en particulier. Merci.

Représentant a.i de la FAO en RDC [Alexis Bonte] : Merci beaucoup, moi aussi je voulais également apporter ma voix à celle de Représentant du PAM, parce que quand on revient d’une mission comme celle-là, on a l’obligation de témoigner, on ne peut pas garder ça sous silence ou laisser ça seulement dans les rapports écrits qui parfois ne sont même pas lus.

Vous savez bien qu’au Kasaï et Tanganyika, c’est environ deux millions de déplacés. Deux millions de déplacés sont des statistiques un peu macabres, mais quand vous écoutez la vie des gens, c’est inouï, c’est bouleversant. Deux millions de déplacés, pour les gens qui nous écoutent à l’extérieur de la République, c’est environ Paris intra-muros. Donc, c’est une population énorme.

Pour nous qui vivons en RDC, deux millions de personnes, c’est comme si tout le Maniema devait fuir, c’est énorme comme population.

La situation, elle est vraiment sombre, mais grâce aux rencontres qu’on a eu à avoir avec les populations elles-mêmes déplacées, elles ont permis de garder espoir.

Vous savez en mars, on est parti au Tanganyika avec ce qu’on appelle l’équipe humanitaire pays où il y avait des gens des ambassades, des gens des ONG.  

Et là, il y avait une dame d’une ambassade qui avait pris beaucoup de photos pour témoigner. Et elle me montre ses photos, et elle me dit : qu’est-ce que tu remarques ? Je lui dis je vois les enfants, les habits qui ne sont pas très propres, ils n’ont pas de chaussures, etc. elle me dit non, non, regarde bien.

Sur la dizaine de photos, aucun enfant ne souriait. En général, les enfants sourient quand on prend les photos, surtout en Afrique et en particulier au Congo. Et là, aucun enfant ne souriait sur une dizaine de photos.

Ça, c’est vraiment révélateur et ça fait froid dans le dos. C’est qu’ils ont vécu des atrocités qu’ils n’arrivent pas à « digérer » et à assimiler. Et ces atrocités, comme l’a dit le Représentant du PAM, ça peut avoir des conséquences à long terme. Il faudra vraiment trouver au-delà de l’assistance alimentaire, agricole, etc. il faut une assistance psychologique pour ces enfants. Ils ne vont pas sortir de ces évènements sans assistance particulière.

Là, à Kalemie, dans le camp des déplacés, en fait, on a eu la chance de rencontrer le chef local, Kalunga, qui nous a promis et qui l’a fait d’ailleurs, [de nous donner] accès à des terres de bas-fonds, là où on avait localisé les déplacés. Et depuis deux mois qu’on a pu intervenir, ces bas-fonds ont été transformés en champs de maraîchage.

Et là, on a vu des dames et des enfants avec le sourire. Rien que le fait de pouvoir travailler, de reprendre goût à la vie, de faire croître des aliments, de faire croître un élément vivant, ça leur a donné goût à la vie. On a vu les enfants sourire, jouer avec l’eau de pluie. Ça, ça nous a fait beaucoup de plaisir, ça nous a réchauffé le cœur.

A Tshikapa également, nous étions allés, je pense, il y a un mois également. Et là, on avait vu dans un centre de santé environ 200 enfants et femmes, c’est encore plus atroce ce qu’on a vu. On a vu des enfants blessés à la machette. Quelle est l’idée d’aller blesser les enfants à la machette ? Déjà, blesser un autre être humain à la machette, ce n’est pas quelque chose de normal, mais blesser des enfants, [c’est plus qu’anormal]. A ce moment-là, personnellement, je n’ai même pas pu parler avec des gens par décence et par respect pour ce que j’ai vu. Moi-même j’étais transi, j’étais sous le choc.

Heureusement, il y a avait des ONG locales qui nous ont fait part de leurs besoins, des idées qu’elles avaient pour ces populations. Et là également, on a pu intervenir avec des intrants agricoles, des semences, des outils, etc.

Et puis, ces ONG ont pu trouver une vingtaine d’hectares en bordure du fleuve. Et grâce aux intrants qu’on a pu envoyer, de nouveau les dames, là il y avait également des hommes, ont pu  recommencer à travailler.

Quand on est allé la semaine passée, on est arrivé sur le site, j’ai même demandé à mon collègue : est-ce que ce sont des déplacés parce que ces gens rigolaient. Il m’a dit ce sont les mêmes personnes que vous avez vues, mais le fait qu’elles travaillent, de nouveau elles aussi, elles reprennent goût à la vie.

Là, on s’est senti plus à l’aise pour leur parler. En fait ce qu’elles ont vécu, c’est inouï. Elles sont parties et ont fait 100 kilomètres à pied et un matin, elles se réveillent et on leur apprend que leurs maris sont décédés, elles ne retrouvent pas les corps. Et de leurs enfants, quatre, cinq, six enfants, seulement deux ont été retrouvés et elles ont fait les 100 kilomètres pour arriver à Tshikapa, dans les bas-fonds, dans la brousse, les serpents, l’eau, la pluie, etc. vraiment des choses atroces.

Maintenant finalement, avec le travail qu’elles peuvent recommencer et puis, l’aide des familles locales et familles hôtes, on a vu le sourire, elles ont repris goût à la vie, à la dignité.

Et ce qu’on veut dire, c’est que malgré tout ça, ces dames en fait, elles nous ont même inspirés grâce à leur courage, grâce à leur ténacité. Elles reprennent goût à la vie, elles sourient, elles nous ont même fait sourire. Vraiment ce sont des gens extraordinaires.

Ces champs-là, les champs maraîchers, en fait on ne les considère plus comme des productions alimentaires, mais surtout, ce sont des champs qui alimentent la vie, qui redonnent l’espoir et je pense qu’il faut essayer de soutenir au maximum ces petites activités pour que les gens puissent repartir sur de nouveaux pieds et repartir vers un avenir plus prometteur.

Ce que je voudrais dire surtout, c’est qu’on ne peut pas les abandonner, que ce soient les collègues du Gouvernement, les collègues des ONG, les collègues des Nations Unies. Ce qu’on souhaite, c’est que d’autres missions puissent aller là-bas voir, témoigner et pouvoir prendre des décisions afin qu’on ne les abandonne pas et qu’on puisse les aider le mieux qu’on peut à reprendre goût à la vie.

Elles nous ont donné vraiment une grande leçon de vie, d’humilité, de courage et aussi d’espoir. Merci beaucoup.

 

Albert Omba/ Numerica TV : Messieurs Bonte et Jibidar, vous venez d’effectuer une mission humanitaire dans l’est et vous avez particulièrement [focalisé] votre attention sur le Kasaï. Vous savez qu’il y a plusieurs Congolais qui se sont déplacés vers l’Angola. Et selon les échos qui nous parviennent, il y a une forte mortalité infantile. Est-ce que vous, les humanitaires : OCHA, FAO, PAM, le Gouvernement congolais, et surtout le HCR, avez-vous pris certaines dispositions pour aider ces enfants-là qui sont en Angola ?

Représentant du PAM en RDC [Claude Jibidar] : Oui tout à fait. Le PAM, la FAO, l’UNICEF, le HCR, un certain nombre d’autres organisations et le Gouvernement angolais se sont mobilisés dès que les premiers Congolais ont traversé la frontière.

Ils ont mis en place une opération d’assistance. Ils ont fait, je crois c’était hier d’ailleurs, un appel de fonds aux bailleurs pour que des ressources soient mises à disposition pour aider les Congolais qui sont en Angola.

Je dois dire que l’assistance qu’ils reçoivent là-bas est bien au-delà de ce que nous, nous pouvons faire aujourd’hui pour ces mêmes Congolais qui sont restés au Kasaï, parce qu’ils sont, pour le moment, difficiles d’accès.

 

Patrick Félix Abely/ Cas Info (Goma) : Je vais poser la question aux deux Messieurs du PAM et de FAO. Vous déclarez que la situation est très critique en République démocratique du Congo. Cette situation est due aux conflits politiques, socio-sécuritaires qui se retrouvent au pays. Au-delà des pistes de solutions habituelles que vous avez toujours [présentées] pour décanter la situation, est-ce que vous pensez cette fois-ci ou vous croyez à un rétablissement normal de la situation d’autant plus que cette situation que le pays traverse est due à ce que je venais de dire, la situation politique, socio-culturelle qui laisse à désirer.          

Représentant du PAM en RDC [Claude Jibidar] : C’est clair que si vous regardez aujourd’hui, les causes d’insécurité alimentaire dans le monde, à 90 % elles sont dues à des conflits. En RDC, le problème de déplacement est un problème qui est dû aux conflits. Parler d’insécurité alimentaire dans un pays comme le Congo où la terre est la plus propice que je n’ai jamais connue, c’est un problème qui n’est pas un problème de la terre. C’est un problème qui va au-delà de la disponibilité des terres ou de capacité de production.

Donc, c’est un problème de conflit. Ce sont les conflits qui font qu’on a 3,7 millions de déplacés. Donc, les conflits doivent être [traités] si nous voulons une solution. Nous, en tant qu’humanitaires, oui, nous pouvons apporter un petit pansement. Mais je pense que vous aussi, et c’est là que je voudrais peut-être  m’adresser à vous aussi, en tant que médias, ce n’est pas le PAM et la FAO seuls qui peuvent faire ce travail. Nous sommes ici pour aider le Gouvernement congolais, nous sommes ici pour aider les Congolais qui sont dans le besoin.  

Donc, nous comptons aussi sur vous. Et je vous dis, j’aurais  aimé avoir un peu plus de questions. Et peut-être avoir le sentiment qu’il y a un peu plus d’intérêt pour les 3,7 millions de Congolais, de femmes et d’enfants qui sont dans une situation critique.

 

Mamytha Bangulu/ RTNC : Ma question, je l’adresse aux Représentants de la FAO et du PAM, M. Alexis Bonte et M. Claude Jibidar. Vous venez de dire à l’instant, que vous étiez au Kasaï et au Tanganyika. Quelles sont les mesures que vous avez préconisées pour cette situation sombre du Kasaï et du Tanganyika ? 

Représentant de la FAO [Alexis Bonte] : Donc comme on le sait, la situation est assez complexe parce que c’est une crise humanitaire mais qui est induite par des problèmes et des soucis politiques et de gouvernance. Donc nous, on peut se charger d’une partie de la solution, mais déjà, entre nos agences, on essaie de se coordonner.

Donc là par exemple, quand nous sommes partis au Tanganyika et au Kasaï, nous étions associés à des collègues qui ont, durant cette mission, rédigé un document de projet conjoint entre la FAO et le PAM où il y a trois composantes.

La première, c’est d’essayer d’aider les personnes là où elles sont parce qu’on veut éviter que l’aide humanitaire n’attire trop de gens vers des zones de retour où  la sécurité n’est pas encore assurée. Donc cette aide là, ce sera sous forme d’aide à  l’alimentation, à la production locale et surtout à la nutrition parce qu’il y a beaucoup d’enfants qui sont impliqués.

Un deuxième volet dans ce projet, dans la mesure du possible et là où c’est faisable, c’est d’aider les gens qui veulent retourner. Par exemple dans le sud-est de Kananga,  la route entre Kananga et Tshimbulu-Dibaya, il semble qu’il y a un front sécuritaire qui se stabilise, donc là, on voit des gens qui reviennent dans leurs villages d’origine, et donc là, on peut également penser à des projets pour recommencer la production agricole.

Et il y a un troisième volet s’il y a plus de résilience, où l’on peut imaginer mais ça je pense ça peut se faire d’ici 6 mois ou 1 an si la situation s’améliore, où il y aura un retour à l’amélioration de moyens d’existence.

Donc, il y a des volets d’agriculture, de crédit-épargne, des volets de structuration des associations féminines, des association des parents d’élèves et donc tout ça, c’est un volet qui est beaucoup plus intégré et on verra les deux agences travailler ensemble, mais également, on va associer d’autres ONG et des agences comme l’UNICEF, parce que faire en sorte que les gens puissent se nourrir c’est bien, mais il faut qu’il y ait des structures sanitaires qui soient là et qui accompagnent pour assurer que les risques de malnutrition soient [traités] de manière holistique.

 

Guy Wolume/RTNC 2 : Je reviens à vous M. Claude Jibidar et M. Bonte. Au regard de ce tableau macabre que vous venez d’évoquer tout à l’heure sur la situation alimentaire dans le Kasaï et au Yémen, au Nigeria, etc. d’une façon générale. Peut-on conclure que c’est la fin de vos institutions parce qu’il y a beaucoup de conflits qui naissent un peu partout. Où trouverez-vous les moyens de pouvoir réguler tous ces problèmes. Est-ce que ce n’est pas la fin du monde déjà ?

Représentant de la FAO en RDC [Alexis Bonte] : Ce qu’on espère surtout c’est qu’un jour on arrive à la fin de la faim. Mais le problème, c’est surtout au niveau des institutions qui gouvernent ces pays et surtout les individus parce que souvent les guerres sont induites par quelques individus, c’est ce qui est dramatique, et elles ont des implications sur la vie de millions de personnes.

Donc, c’est là où il faut essayer de travailler si on veut prendre la source du problème dès sa racine. Mais malheureusement, vous le savez très bien, que les agences des Nations Unies que ce soit ici en RDC ou dans d’autres pays, on accompagne des processus qui sont dirigés par des Etats souverains et on essaie de limiter les dégâts. Comme  on le dit toujours les Nations Unies ne sont pas là pour envoyer les gens au paradis mais c’est pour essayer de leur éviter l’enfer.

Donc nous on est là, on essaie d’accompagner au mieux qu’on peut et faire en sorte que les gens subissent le moins possible les affres de ces guerres et puissent retrouver une espèce de réconfort dans le cadre des activités qu’on mène.

Donc je ne pense pas du tout que ce soit la fin des agences. Dans l’idéal, on espère qu’on puisse diminuer nos activités parce que ça signifierait qu’il y ait moins de besoins, ça c’est ce qu’on souhaite.

Par exemple les besoins au Kasaï ne sont couverts qu’à 5 % d’après ce que les ONG nous ont dit lors de notre visite. Tant qu’on a une couverture aussi basse, on se doit de continuer à faire le plaidoyer, de mobiliser les ressources qu’elles soient financières, humaines ou de bonne volonté. Parfois, on peut résoudre des problèmes rien qu’en discutant. Les négociations, c’est parfois quelque chose qui ont plus d’impact qu’une distribution des semences ou de nourriture. Donc, il faut travailler sur différents fronts à la fois et le nôtre, on va continuer à ‘’se battre’’ au maximum pour essayer de faire en sorte que ces femmes et enfants victimes de ces exactions puissent reprendre goût à la vie et pouvoir se projeter  dans l’avenir.

Représentant du PAM en RDC [Claude Jibidar] : Je voudrais peut-être juste rajouter en conclusion, vous le savez, le Congo peut nourrir 2 milliards de personnes. Le Congo peut produire et nourrir 2 milliards de personnes. Ce que nous le PAM, nous voudrions, c’est de pouvoir venir acheter de la  nourriture au Congo pour aller aider les pays qui sont victimes de la sècheresse et les pays qui sont victimes de guerres. Sur ce, je voudrais encore une fois de plus vous remercier tous de l’écho que vous ferez de cette situation qui  je pense, n’a que trop duré. Merci.